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vendredi 27 avril 2012

Mind vs the heart...

"Tout raisonnement sur l'amour le détruit"
Léon Tolstoï


samedi 14 avril 2012

Qu'est ce que l'amour ?



Les enfants peuvent répondre mieux que la plupart des adultes, quand on parle d’aimer.
La question était : « Qu’est-ce que l’amour ? »
Les réponses qu’ils ont données étaient plus claires et plus profondes que personne n’aurait pu imaginer. Voyez ce que vous en pensez :

«
Quand quelqu’un vous aime, la manière dont il prononce votre nom est différente. Vous sentez que votre nom est en sécurité dans sa bouche. »
Billy – 7 ans

« L’amour c’est quand une fille met du parfum et le garçon de l’after shave et ils vont dehors et se sentent l’un l’autre. »
Karl – 5 ans

« L’amour c’est quand tu vas déjeuner quelque part et que tu donnes à l’autre la plupart de tes frites sans l’obliger à donner des siennes. »
Chrissy – 6 ans

« L’amour c’est ce qui te fait sourire quand tu es fatigué. »
Terri – 4 ans

« L’amour c’est quand ma maman fait du café pour mon papa et elle en prend une gorgée avant de lui donner pour être sûre que le goût est OK. »
Danny – 7 ans

« L’amour c’est quand vous vous embrassez tout le temps. Et quand vous êtes fatigués de vous embrasser, vous voulez quand même rester ensemble pour parler encore. Ma maman et mon papa font comme ça. Je trouva ça choquant quand ils s’embrassent.
Emily – 8 ans

« L’amour c’est ce qui est dans la pièce avec vous à Noël si vous arrêtez d’ouvrir les cadeaux pour écouter. » (Wow !)Bobby – 7 ans

«
Si vous voulez apprendre à aimer mieux, vous devriez commencer avec un ami que vous détestez. » (nous aurions besoin de quelques millions de Nikka supplémentaires sur cette planète)
Nikka- 6 ans

« L’amour c’est quand tu dis à un type que tu aimes sa chemise, alors il la porte tous les jours. »
Noëlle – 7 ans

« L’amour c’est comme une petite vieille femme et un petit vieil homme qui sont toujours amis même après qu’ils se connaissent si bien l’un l’autre. »
Tommy – 6 ans

« Pendant mon récital de piano, j’étais sur la scène et j’avais le trac. Je voyais tous les gens qui me regardaient et j’ai vu mon papa me faire un signe de la main et sourire. Il était le seul à faire ça. Je n’ai plus eu le trac. »
Cindy – 8 ans

« Ma maman m’aime plus que n’importe qui. Personne d’autre ne m’embrasse le soir avant de m’endormir. »
Clare – 6 ans

« L’amour c’est quand maman donne à papa le meilleur morceau du poulet. »
Elaine – 5 ans
« L’amour c’est quand maman voit papa en sueur et qui ne sent pas bon et elle dit quand même qu’il est plus séduisant que Robert Redford. »
Chris – 7 ans

« L’amour c’est quand votre chiot vous lèche le visage même après l’avoir laissé seul toute la journée. »
Mary Ann – 4 ans

« Je sais que ma grande sœur m’aime parce qu’elle me donne tous ses vieux vêtements et elle doit aller s’en acheter des neufs. »
Lauren – 4 ans
« Quand tu aimes quelqu’un tes cils battent et des petites étoiles sortent de toi. » (quelle image !)
Karen – 7 ans


«
L’amour c’est quand maman voit papa aux cabinets et elle ne trouve pas ça choquant. »
Mark – 6 ans
« Vous n’avez pas vraiment besoin de dire « je t’aime » à moins que vous n’en ayez envie. Mais si vous en avez envie, il faut le dire beaucoup. Les gens l’oublient. »
Jessica – 8 ans
.

Et le dernier – L’auteur et conférencier Leo Buscaglia qui avait proposé ce concours en a été le juge.

Le propos était de désigner l’enfant le plus concerné.
Le gagnant a été un enfant de 4 ans dont le voisin, un monsieur d’un certain âge venait de perdre sa femme.
En le voyant pleurer, le petit garçon est entré dans la cour de ce monsieur, est grimpé sur ses genoux et resté juste comme ça. Quand sa mère lui a demandé ce qu’il avait dit au voisin, le petit garçon a répondu : « Rien, je l’ai juste aidée à pleurer. »



PP 

lundi 9 avril 2012

Etre ordinaire

75. Être ordinaire
Tirage

Zen Tarot Card
Être ordinaire
Parfois cela arrive que vous deveniez un, dans quelques moments rares. Observez l'océan, sa grandeur sauvage et soudain vous oubliez votre séparation, votre schizophrénie ; vous vous détendez. Ou, allez dans l'Himalaya, en voyant la neige vierge sur les sommets de Himalaya, soudain une fraîcheur vous entoure et vous n'avez pas besoin d'être faux car il n'y a aucun autre être humain avec qui être faux. Vous trouvez votre centre. Ou, écoutant de la belle musique, vous trouvez votre centre.
Chaque fois, dans n'importe quelle situation ou vous devenez un, une paix, un bonheur, une grâce, vous entoure, monte en vous. Vous vous sentez comblé. Il n'est aucun besoin d'attendre ces moments, ces moments peuvent devenir votre vie naturelle. Ces moments extraordinaires peuvent devenir des moments ordinaires. C'est tout l'effort du Zen. Vous pouvez vivre une vie extraordinaire dans une vie très ordinaire ; couper du bois, débiter du bois, porter l'eau du puits, vous pouvez être parfaitement à l'aise avec vous-même. Nettoyer le sol, faire la cuisine, laver les vêtements, vous pouvez être parfaitement à l'aise, car tout le problème est pour vous d'accomplir vos actes avec totalité, de les apprécier, de vous délecter en eux.

Osho Dang Dang Doko Dang Chapter 3

Commentaire :
Cette silhouette qui marche dans la nature nous montre que la beauté peut être trouvée dans les choses simples et ordinaires de la vie.
Nous prenons si aisément cette magnifique planète sur laquelle nous vivons comme allant de soi. Nettoyer la maison, jardiner, préparer un repas ; la plus simple des tâches acquiert une dimension sacrée lorsqu'elle est exécutée avec un engagement total, avec amour et pour elle-même, sans arrière pensée de reconnaissance ou de récompense.
Vous êtes maintenant dans une phase où cette approche facile, naturelle et totalement ordinaire face aux situations que vous rencontrez apportera de bien meilleurs résultats que n'importe quelle autre tentative de votre part à être brillant, malin ou autrement extraordinaire.
Oubliez toute idée de faire la une des journaux en inventant le dernier gadget ou d’éblouir vos amis, vos confrères par vos prouesses. Le don spécial que vous devez maintenant offrir sera mieux présenté en prenant les choses aisément et simplement, pas à pas.

samedi 17 mars 2012

Idée originale ou idée originelle ?

Réciprocité, principe fondamental de l’organisation socio-économique andine, échange réciproque de bien et/ou de service.

La morale Inca 

Bien avant l’organisation du Tahuantinsuyu par les Incas, un principe régissait la vie sociale dans les Andes : l’AYNI.
Ayni est un mot quechua qui signifie réciprocité, solidarité, entraide.
Pachacutec fit en sorte que l’ancienne pratique de l’AYNI devienne le seul commandement de Dieu.
 Mais aussi que chacun puisse dans sa vie privée cultiver les 3 dons reçus des Dieux :
- MUNAY, le don de l’Amour
- LLANKAY, le don du Travail
- YACHAY, le don du Savoir 

Alors, les hommes seraient heureux en suivant le seul commandement de l’Ayni (=partager) et en développant les dons reçus.

Pour Catherine Allen (1997 : 76), l’ayni est « au niveau le plus abstrait, l’ayni est le donner-prendre basique qui gouverne la circulation universelle de la vitalité. [...] Cette circulation est conduite par système d’échanges réciproques continus, une sorte de pompe dialectique mécanique. Toutes les catégories d’êtres vivants, à tous les niveaux, participent à cette circulation cosmologique. Les hommes maintiennent cette réciprocité interactive non seulement dans leurs relations aux autres, mais également avec leurs animaux, leurs maisons, leurs champs, la terre, et les lieux sacrés de leur territoire » . 

Pour Bruce Mannheim (1986 : 268), les aynis « are coded in several forms in ‘Cusco Quechua lexicon and grammar’, les andins « live and work, eat and marry, drink and pray, think and fight in a universe governed by reciprocity. Human beings ritually establish relationships of reciprocity with mother earth and the mountain lords ... People reciprocate each other ayni in agricultural and pastoral labor and preparation of food as well as in interpersonal relationships. Children at play are said to ayni with god. But ‘reciprocity’ ... is morally neutral ... « because it may be used, also, in the sense of vengeance” .


 Ayni, une petite flamme d'espoir...



samedi 10 mars 2012

Arme de destruction massive : "L'église du pessimisme"

Ames sensibles s’abstenir…

La société est avant tout ce qu’on en fait.
Et dès cette première phrase, j’en sens déjà certains bondir sur leur siège à roulettes vacillant, se raccrochant fermement à leur souris, ou s’affaler dans un soupir de mécontentement dans leur sofa poussiéreux.
Oui mais quand même, toute société est faite des individus qui la composent. En premier lieu.

Dans cette optique, il y a, de mon point de vue une autre arme de destruction massive d’évolution des hommes, des individus, du monde, je l’ai nommé « L’église du pessimisme ».

Mon premier contact avec l’église du pessimisme eut lieu à l’école. C’est dans les cours de récré que j’entendais déjà certaines pupilles de la nation se gargariser d’avoir eu l’appendicite, de porter un appareil dentaire, d’avoir les pieds plats… puis plus tard, au lycée, c’était une forme latente de nihilisme, nourrit certainement par les cours de philo, qui faisait résonner des « les gens sont tous des cons » des « la nature humaine est horrible » sur les murs du lyçée délabré certes, mais si attachant à mon gout, de région parisienne que j’eus fréquenté.

L’optimisme n’avait que rarement la côte, au mieux il était vu comme une qualité presque surréaliste, et en général il était vu comme de la naïveté.
Le pessimisme avait la vue longue, je le voyais, pris comme objectivité absolue, gangréner les élans énergiques de mes congénères (et c’est toujours le cas), qui avec cette fatalité pseudo intelligente, se tournaient vers le chômage ou des boulots qu’ils n’aimaient pas. Quant au réalisme, noyé dans le débat, était absent, phagocyté par les critiques négatives qui, toujours, paraissaient, et paraissent encore aujourd’hui, plus « intellectuellement intelligentes ».

J’ai plusieurs idées sur l’origine de cela.

La première, en primaire, ce fut de me dire que ces mômes qui se donnaient de l’importance en se plaignant n’avaient pas reçus assez de coup de pompes dans l’arrière train. En effet, j’avais remarqué que les dévots du négativisme étaient bien souvent des mômes dans des familles « normales », avec des parents qui venaient, avec toute leur bienveillance, aux réunions de parents d’élèves, qui les éduquaient avec contenance, plutôt que de leur envoyer un coup de pied au cul à la moindre connerie. Ou comment choisir de manger de la merde avec la petite cuillère en argent dans la bouche.
Je fis le contraire, je décidai alors de manger avec les doigts, mais en choisissait toujours le meilleur.
La seconde, bien plus importante, était culturelle. La télé ne relayait (et relaye toujours) que l’aspect négatif de la réalité dans les informations, les séries et autres films se basant toujours bien sûr, sur une faille, un problème à régler. Et puis la société, le boulot des parents, pas épanouissant, et la résignation… Tout cela constitue une base sûre pour la propagande de l’église du pessimisme.

Mais je ne vais pas m’étendre sur les origines, ce n’est pas ce qui nous intéresse.

Je suis sensible à une certaine odeur du mal moral et je trouve que cette odeur est bien moins forte, quoi qu’on en dise, dans nos institutions et nos acquis sociaux que dans l’homme qui les hait. Ayant perdu la joie, il dit qu’il veut la justice et en appel pour cela à la tyrannie. Attendre des autres et des circonstances qu’ils nous aident à changer et l’on gâche les circonstances, on pourrit les autres, on ne change pas, on s’aggrave.
Nietzsche disait de tout cela :
« Il y a un instinct de causalité qui le pousse à raisonner : il faut que ce soit la faute de quelqu’un s’il se trouve mal à l’aise. Cette belle indignation lui fait du bien par elle-même. L’injure et la critique donne l’ivresse de la puissance. Déjà la plainte, rien que la plainte, donne à la vie un attrait qui aide à la supporter. On reproche son mal aise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions. » C’est avec cette logique qu’on fait des révolutions.

Ainsi, on veut que nous maudissions le monde. Sous couvert d’ »intelligence critique », l’école du pessimisme divise derrière ses analyses dont découlent diverses idéologies et autres dogmes qui enfermeront l’homme bien plus surement que tout autre système.
Et à choisir, je préfère qu’on soit inégaux au soleil, que tous égaux en prison. Si vous voyez ce que je veux dire.

Je crois en la minorité d’hommes exceptionnels. Pas du tout en la minorité d’hommes exceptionnellement colériques, éternels insatisfaits. Les désordres, les crimes, les ruines, sont l’œuvre d’hommes qui ne surent jamais être heureux, simplement, et qui haïssaient violemment tous ceux qui essayaient de l’être.

Les héros sont des hommes qui ont pris le parti du bonheur, d’eux-mêmes et pour autrui.

Il n’est pas difficile d’être malheureux et mécontent. Il suffit juste de s’en remettre à l’humeur triste et irritée du moment. Il suffit de bouder le monde, de s’asseoir à l’écart, et d’attendre en râlant le jour J de l’hypothétique redistribution des cartes. Pendant ce temps, l’homme s’est abandonné à la pente de la tristesse et de l’irritation et ne voit venir qu’un ennui toujours plus lourd et une haine toujours plus profonde de tout et de tous, et surtout de lui-même.

Il est bien plus difficile d’être heureux. Il faut de l’esprit, de l’énergie, de l’attention, du renoncement, du contentement, une certaine forme de bienveillance qui est proche de l’amour.
C’est parfois une grâce d’être heureux, mais c’est surtout un devoir !
Et ceux d’entre nous qui ont des enfants le comprendront, les enfants sont heureux si vous êtes heureux. Un homme digne de ce nom s’attache au bonheur, comme au mât du navire par gros temps, pour se conserver lui-même et ceux qu’il aime.
Oui c’est un devoir d’être heureux, et c’est même de la générosité.

Persuader les hommes qu’ils sont malheureux est une action infâme, facile et hautement manipulatrice qui ouvre la voie à d’autres systèmes bien plus pernicieux encore que celui que nous connaissons actuellement.
C’est une tâche sacrée que de répéter à l’homme qu’il est heureux et qu’il ne s’agit pour lui que de s’en rendre compte !

Ok, il y a des injustices, de la misère, de la souffrance et nous devons bosser à les réduire. Mais ce n’est pas en geignant et en se dégoutant du bonheur là où il est que nous répareront le malheur.

L’avenir ne peut être prédit, il peut être choisi entre toutes sortes de possibles. Nous n’avons pas un avenir massivement déterminé par la lutte entre les méchants et les bons. Nous avons plusieurs avenirs. Notre choix ne dépend pas de pressions, de morosité et d’insatisfaction, mais il dépend de notre capacité à voir la beauté là où elle se trouve, malgré la propagande du malheur ; à supporter la liberté qui nous est donnée telle qu’elle est maintenant et à la vivre pleinement ; et enfin à aimer le bonheur, une capacité de prendre notre bonheur présent en patience et avec bienveillance.

De tous les possibles, ne focalisons pas sur le pire, choisissons simplement le meilleur et travaillons en nous-mêmes pour qu’il vienne.
Il est quasiment impossible de faire comprendre cette attitude par des mots.

De toutes façons, si nous voulons sincèrement un avenir radieux, individuellement ou collectivement, les valeurs à cultiver sont celles de la maturité. C’est seulement dans la maturité que l’on découvre que le bonheur est un devoir. Que toutes obstructions à ce bonheur sont à surmonter vaillamment, avec une force et un courage naturel. La maturité refoule les lamentations névrotiques et égotiques, elle refoule la réclamation de l’absolu, qui est un désir adolescent et hypothétique. La maturité donne un autre sens à l’absolu : celui de l’acceptation courageuse et sereine du relatif, dont elle fait un absolu. Le monde est absolument relatif.

Et enfin, la maturité accepte la mort.

Nier la mort, la transcender : la plupart des souffrances vaines de l’humanité ont leur cause dans ce sentiment pathétique de la vie.
Toutes les tragédies de l’histoire sont des effets du messianisme politique ou religieux, toujours en quête de l’annihilation de la mort.

La maturité bande ses forces pour faire de la dignité de vivre et du contenu de la vie, ici et maintenant, une valeur esthétique, éthique, qui suffit à tout. Elle fait le silence du diapason de notre conscience et elle a appris que contre la peur, il n’y a qu’un seul remède : le courage.

J’ai connu des malheurs et des désespoirs.
Mais on peut faire de la souffrance une plus large souffrance et souhaiter rageusement que tout le monde y passe. Ou on peut aussi changer nos souffrances en bonté, en énergie, en joie d’exister.
Pour moi cette joie d’exister au-delà de tout est peut être la seule raison de la création. Quand on la possède, on a le désir de la répandre, sans prosélytisme, c'est-à-dire juste de l’incarner.

On nous rabache à longueur de journée que tout va mal, que tout est sombre et ne pensez pas que c'est nouveau, on nous le rabache depuis plusieurs siècles. Aujourd'hui on nous dit même qu'un jour, qu'un renversement, qu'une apocalypse va tout changer.
Changer quoi ?
Comment voulez vous être bien à l'avenir ? Le bonheur, c'est maintenant.
L’ « église du pessimisme », relayant la critique inconstructive et le dégout du monde au travers de sentiments d’irritations, de colères et d’injures dans lesquels nous nous fourvoyons, pourrait bien être la meilleure arme pour asservir l’homme. Un homme désespéré est prêt à tout et surtout à soumettre sa conscience, un homme heureux se suffit à lui-même.
Faites vous plaisir, ne jouez pas dans ce jeu…. Soyez juste heureux !

Cerro  10 mars 2012

jeudi 26 janvier 2012

Agriculture

Elle vit depuis 15 ans sans un centime...

l y a 15 ans, Heidemarie Schwermer, psychothérapeute allemande, se lance un pari fou : vivre sans argent, en comptant entièrement sur le troc ! Ce qui ne devait être qu'une expérience de 12 mois devient finalement son mode de vie...


Une allemande de 69 ans vit depuis 15 ans sans dépenser d'argent. C'est l'histoire d'une utopie qui est devenue réalité.

Mener une bonne vie sans plus dépendre de l'argent ? Heidemarie Schwermer nous prouve que c'est possible, même à notre époque. Bonne nouvelle donc pour tous ceux qui ont peur de « la crise » ; un espoir est né en Allemagne.

Tout a commencé il y a 22 ans, lorsqu'elle arrive à Dortmund (Allemagne) avec ses deux enfants et une valise. À l'époque Heidmarie sort d'un mariage difficile ; elle est enseignante et ne s'est jamais plaint de sa situation. Pourtant, l'allemande va être choquée par la crise industrielle de 1979 et va radicalement changer de vie. Le choc pétrolier qui a touché la Ruhr a précipité de nombreuses personnes dans la pauvreté. Heidmarie réalise alors que le problème ne vient pas fondamentalement d'un manque de ressources mais de leur mauvaise répartition. À son échelle, Heidmarie va complètement bouleverser le système. Voyant qu'elle possédait plus que le nécessaire et qu'elle ne s'épanouissait plus dans son travail, elle quitte tout pour devenir plongeuse. Parallèlement, elle ouvre sa boutique de troc.
« Gib und Nimm » (Donner et prendre)
Dans sa boutique, tout le monde est libre d'échanger toutes sortes d'objets ou de services. Les sans-abris sont les plus intéressés par le système. Cependant, les chômeurs et les retraités sont aussi nombreux à se presser dans la boutique. L'établissement est rapidement devenu un phénomène dans la ville.

En 1995, l'allemande trouve qu'elle gagne encore « trop » d'argent. Ses enfants ont déménagé et tout ce dont elle a besoin semble se présenter à elle. Ainsi, Heidmarie vend sa maison, ferme son compte bancaire et résilie ses contrats d'assurance. Elle donne tout le reste de ses biens à ses amis ou à des connaissances. Mais pas question de vivre dehors, elle tire parti de son réseau de troqueurs passionnés. Ces derniers lui prêtent amicalement leurs maisons en échange de menus services. Pour manger elle récupère les invendus des supermarchés bios de Dortmund et s'habille avec des vêtements qu'elle a troqués au marché aux puces. Elle refuse aussi d'aller chez le médecin. Toute sa vie tient dans une petite valise, avec 200€ seulement en cas de besoin.
« L'argent nous détourne de l'essentiel »
Heidmarie a déjà publié deux livres, aujourd'hui elle travaille sur le troisième. Tous les bénéfices de la publication, ainsi que sa retraite mensuelle de 700€ sont entièrement reversés à des proches dans le besoin et à des œuvres de charité. Elle participe aussi au documentaire « Vivre sans argent » dans lequel elle raconte son histoire et montre ses combines. Elle explique que, pour elle, « l'argent éloigne de l'essentiel, l'abandonner m'a donné un vraie qualité de vie, une richesse intérieure et la Liberté ».

La vieille dame ne bénéficie d'aucune aide sociale, ne pouvant ainsi pas être qualifié de paria du système. Provocatrice ou prophète ? Heidmarie Schwermer semble en tous cas être en avance sur son temps.

samedi 7 janvier 2012

"Quand les chercheurs dédaignent la clameur pour rechercher la quiétude, c’est comme s’ils délaissaient la farine mais cherchaient le gâteau. Le gâteau est farine à l’origine, elle change selon l’emploi qu’on en fait.
Les afflictions ne sont autres que l’illumination. Quand il n’y a pas de représentation mentale, il n’y a pas d’objet. Le samsara n’est pas différent du nirvana. Le désir insatiable et la colère sont comme des flammes, comme des ombres.
Les sages n’ont pas de mental pour chercher le Bouddha. Les ignorants s’attachent au faux et au vrai. Etant donné qu’ils passent leur vie entière en travaux stériles, ils ne voient pas la sublime réalisation de l’être tel qu’il est. Si vous prenez conscience que l’essence du désir est vide, alors même le feu de l’enfer est frais."


jeudi 5 janvier 2012

La perfection dans l'imperfection.

La cognition et ses failles.

Le paralogisme, ou les failles de l'intellect et de la raison)

par Jacques Lecomte

(Extrait de Science et Vie, No 894, mars 1992, p. 68-73.)

Prenez des chiffres irrécusables, basés sur des statistiques au-dessus de tout soupçon. Posez des prémisses parfaitement rigoureuses. Passez le tout dans cette merveilleuse machine à déductions qu'est le cerveau humain. Vous obtenez quoi? Une parodie de la réalité. Le paralogisme - c'est-à-dire un faux raisonnement tenu en toute bonne foi - est le propre de l'esprit humain.

Et si l'histoire des cigognes apportant les bébés n'était pas simple fabulation? Les chiffres sont formels : dans les communes qui abritent des cigognes, le taux de natalité est bien plus élevé que dans l'ensemble du pays. Il existe donc vraiment un lien objectif entre ces grands échassiers et la naissance des enfants.

Exact, mais un lien tout à fait indirect, pas celui de cause à effet que la logique semble nous proposer ici. Les cigognes, on les comprend, nichent de préférence dans les villages plutôt que dans les grandes agglomérations. Or, il est statistiquement avéré que la natalité est plus forte en milieu rural que dans les villes. Cette constatation concerne non seulement l'Alsace, les Ardennes et la Vallée de la Saône, lieux que fréquentent encore ces oiseaux, mais s'applique également à toutes les bourgades de la campagne française, cigognes ou pas. Il n'existe aucune relation d'interdépendance entre ces dernières et le nombre de naissances humaines.

C'est une caractéristique profonde de la pensée humaine que de formuler des rapports de causalité entre deux faits observés, alorsque la vraie cause est ailleurs, dans un troisième élément, ou même dans un concours de plusieurs facteurs extérieurs aux faits observés. Dans sa tentative d'expliquer le monde qui l'entoure, l'homme commet souvent ces erreurs d'aiguillage du processus logique.

La science elle-même est vulnérable sur ce point. Rechercher la cause d'un phénomène est le premier objet de la démarche scientifique : c'est dire combien le passage de l'observation à l'interprétation demande prudence et sagesse de la part du chercheur.

Remplacer une cause par une autre.

Au début du siècle, le psychologue Alfred Binet, le fondateur des tests d'intelligence, demande à des graphologues d'évaluer l'intelligence d'élèves auxquels on a fait rédiger un texte de leur choix. Une nette corrélation apparaît entre l'opinion des graphologues et les résultats des tests mentaux pratiqués par Binet. Conclusion logique : le graphisme donne la mesure de l'intelligence du scripteur. Mais le mathématicien Émile Borel a l'idée de soumettre ces mêmes écrits aux lecteurs de la Revue du mois, sous forme imprimée et non plus manuscrite. Les évaluations se révèlent tout aussi justes que celles des graphologues; c'est en réalité le contenu des textes qui décide du résultat, et non le caractère graphique de l'écriture manuscrite. Ici encore, on a pris un épiphénomène pour la cause réelle.

Une autre déduction fallacieuse : au temps où la tuberculose sévissait à grande échelle, un fait bouleversa les idées admises : à population égale, cette maladie tuait plus de gens en montagne que dans les quartiers populeux des villes, pourtant terrains présumés les plus morbides. La vérité derrière ce scoop sensationnel : la montagne faisait davantage de morts par tuberculose simplement parce qu'on envoyait en sanatorium d'altitude les citadins malades, dont beaucoup étaient en phase terminale de la maladie.

On observe aussi depuis des années une recrudescence des cas d'inceste et de viol signalés à la police. Conclusion sommaire : ces crimes abjects se multiplient dans une société moderne aux « valeurs morales » défaillantes. En réalité, c'est l'opposé qui se passe. Viol et inceste ont été un mal historiquement endémique en France, notamment à la campagne, mais les tabous empêchaient le plus souvent les victimes de dénoncer ces actes à l'autorité. La libération des mentalités a, en partie, levé cette peur, d'où l'augmentation de cas signalés; elle contribue même à réduire le nombre de telles agressions, contrairement à ce qu'une lecture superficielle des chiffres laisserait croire.

Confondre la cause et l'effet.

Autre erreur de causalité, celle qui consiste à penser qu'un facteur provoque l'autre, alors que c'est l'inverse. Des statistiques ont été publiées montrant que plus un élève passe de temps à ses devoirs, moins ses résultats scolaires sont bons. Exprimée ainsi, la proposition nous donne un faux rapport de causalité. En bonne logique, il eût fallu la renverser : plus un élève a des difficultés dans les études, plus il a besoin de temps pour faire ses devoirs.

Notre esprit a souvent du mal à discerner si le facteur X entraîne le facteur Y, ou vice-versa. La corrélation entre exercice physique et bonne santé cardio-vasculaire a été amplement démontrée par les médecins; spontanément, nous en déduisons que l'exercice physique conditionne l'état de santé d'un individu. Mais pour le statisticien Joseph Klatzmann, il n'est pas impossible que les sujets dotés d'un bon système cardio-vasculaire soient naturellement plus attirés par les activités sportives que les autres.

Dans certains cas, il ne s'agit pas à proprement parler de l'inversion de la cause et de l'effet. Ainsi, on le sait, la criminalité est plus développée dans les zones à forte densité démographique. Première évidence qui saute à l'esprit : le surpeuplement favorise la délinquance. Mais le sociologue Paul Lazarsfeld fait remarquer qu'on peut aussi expliquer cette relation par le fait que[indent]la modicité des loyers dans les zones surpeuplées entraîne la présence d'une forte proportion d'éléments indésirables; dans ce cas, les caractéristiques des habitants précèdent celles de la zone. La relation primitive [entre le nombre de crimes et la densité démographique] apparaît cette fois comme équivoque et ne saurait être tenue pour une relation causale.
 
Confondre corrélation et causalité.

Les statistiques parlent de corrélation positive lorsque deux éléments évoluent parallèlement dans le temps, même s'ils n'ont rien à voir entre eux. On peut par l'absurde noter une telle corrélation depuis dix ans entre le prix des loyers à New York et les chiffres de vente des cigarettes en France; qui prétendra voir là un lien de causalité? Le coefficient de corrélation, nombre qui mesure le degré de dépendance de deux éléments entre eux, se situe entre 0 et 1. Une corrélation négative, notée de 0 à -1, intervient entre deux éléments qui varient de façon plus ou moins égale, mais opposée l'une à l'autre. Il y a ainsi une corrélation négative entre la consommation d'électricité au Japon et le nombre d'agriculteurs en Lozère. Deux éléments de corrélation nulle sont dits indépendants - par exemple, les résultats scolaires des élèves et la taille des arbres dans la cour de l'école. Inversement, deux éléments de corrélation 1 sont en état de dépendance absolue l'un vis-àvis de l'autre; ce genre de rapport complet entre deux phénomènes se rencontre surtout dans les sciences exactes, comme par exemple entre l'intensité d'un courant électrique et la chaleur dégagée par le conducteur.

Une corrélation, même forte, ne signifie pas nécessairement un lien de causalité; c'est sur ce point que notre logique pêche le plus souvent. Dans la seconde édition de son livre Attention, statistiques, J. Klatzmann présente une analyse statistique menée il y a quelque temps en Italie et montrant une forte corrélation dans les différentes provinces du pays entre le taux de divorces et les ventes d'ordinateurs personnels. Une explication vient immédiatement à l'esprit : la passion de l'informatique déstructure la vie familiale traditionnelle. Les statisticiens ont proposé une hypothèse plus vraisemblable. L'Italie du Sud est à la fois très pauvre et très croyante. Or, on achète peu d'ordinateurs dans les régions économiquement sous-développées et l'on divorce rarement dans les milieux à forte tradition catholique. À l'inverse, le Piémont est prospère, très industrialisé et urbanisé, et les jeunes générations y ont, pour le meilleur ou pour le pire, une mentalité citadine ordinaire. Il existe donc, non pas une causalité, mais une corrélation très explicable entre l'achat de micro-ordinateurs et l'importance des divorces. CQFD.

L'exemple des cigognes et de la natalité illustre aussi parfaitement cette distinction. Dans pareil cas, il faut rechercher un troisième élément, extérieur aux deux autres, comme cause première : ici, l'élément campagne, c'est-à-dire le fait qu'on procrée plus en milieu rural qu'en milieu urbain et que les cigognes préfèrent nidifier dans un village plutôt qu'en ville.

De même, il existe une forte corrélation, mais aucun rapport de cause à effet, entre la fluidité de l'asphalte et l'incidence de la poliomyélite. La corrélation vient d'un troisième élément : la chaleur, qui ramollit le bitume et active la virulence de l'agent pathogène de la polio.

Nous avons là une situation qui ne prête guère à confusion; mais il en est d'autres plus ambiguës qui peuvent conduire à de véritables contresens. Des statistiques ont montré que la longévité moyenne est supérieure dans les pays où l'on mange le plus de viande. À partir de ce constat, il est tentant d'affirmer que la viande fait vivre vieux. En fait, les habitants des pays riches, ceux qui peuvent le mieux se payer de la viande, bénéficient des conditions d'hygiène et de soins les plus propices à une espérance de vie prolongée. La viande n'est qu'un épiphénomène, mais non la cause de cette heureuse conjecture. Des enquêtes épidémiologiques sérieuses ont comparé ce qui est comparable, à savoir des populations qui jouissent d'un niveau de vie identique, mais ont un comportement différent par rapport à la consommation de viande. Il en ressort clairement qu'une alimentation trop carnée, loin d'allonger la vie, la réduit.

Oublier le rôle du hasard.

Se référant à Antoine Augustin Cournot (1801-1877), un économiste, mathématicien et philosophe dont les principales études mathématiques ont porté sur le calcul des probabilités, le sociologue Raymond Boudon qualifie d'« effet Cournot » la coïncidence fortuite d'événements totalement indépendants les uns des autres - définition par excellence du hasard. Exemple classique d'un concours de circonstances inattendu et inexplicable : la tuile qui tombe sur la tête d'un passant. La chute de la tuile et la présence du passant sont des événements qui ont chacun leur causalité, indépendante l'une de l'autre. Malgré cela, notre esprit a besoin de trouver une raison à cette situation parfaitement accidentelle : on parle alors de destin, de fatalité, de déterminisme, de choses voulues d'avance par le sort. La rencontre de la tuile et du passant devient en quelque sorte explicable par cet exercice d'exorcisme mental.

Le hasard est certainement à l'origine de nombreuses superstitions. Il est parfaitement vraisemblable qu'une personne, à qui il est arrivé un grand malheur après avoir vu un chat noir traverser sa route ou avoir dîné à une table de treize convives, en tire une notion de causalité et attribue à ces prétendus signes de malchance une signification universelle : un chat noir et le nombre treize portent à coup sûr malheur. Après tout, il suffit d'une seule expérience douloureuse pour conclure qu'une chute fait mal et qu'on se brûle au contact du feu. Que l'individu ainsi éprouvé répande autour de lui son obsession superstitieuse et elle fera boule de neige, se propagera de bouche à oreille, et nous voilà tous ensorcelés par l'idée d'un maléfice jeté par un chat noir ou une tablée de treize. L'irrationnel voyage bien plus vite et loin que les arguments sensés.

Dans son remarquable ouvrage Parapsychologie, science ou magie?, J.E. Alcock démythifie la croyance dans les rêves prémonitoires, pourtant si répandue. Des milliards de gens rêvent chaque nuit. Statistiquement, il est inévitable que certains rêves coïncident avec des événements qui se passeront le lendemain. Les sujets qui vivent une fois ce genre d'expériences la mettent au compte d'un phénomène occulte de prémonition, en ignorant les innombrables autres rêves qu'ils ont faits et qui ne se sont jamais réalisés.

Les chercheurs ne sont pas à l'abri d'interprétations erronées. Il y a quelques années, un sociologue américain a mis en évidence des corrélations spectaculaires entre la spécialité des professeurs d'université et leur appartenance religieuse. Les protestants étaient surreprésentés dans les disciplines scientifiques classiques, comme la géologie, la biologie et la chimie, mais nettement sous-représentés dans les sciences humaines, secteur où, par contre, les juifs étaient, de même qu'en médecine, très présents, alors que les catholiques se réservaient surtout les humanités. Pour l'auteur, ces choix tenaient aux systèmes de valeurs différents attachés aux trois confessions.

Un autre sociologue, tout en reconnaissant la justesse des prémisses de cette étude, en contesta les conclusions. Il apporta une autre explication, très argumentée, qui faisait intervenir le hasard - effet Cournot - des circonstances historiques.

Les protestants constituent le groupe religieux le plus anciennement implanté aux États-Unis; ils se sont traditionnellement orientés vers les disciplines apparues les premières dans les programmes universitaires américains. Quant aux juifs, l'époque où ils ont accédé aux études supérieures a coïncidé avec une période de développement spectaculaire des sciences humaines. Pour les catholiques, cette époque a correspondu à celle d'un nouvel essor des études gréco-latines et de la littérature contemporaine.

Voir une corrélation là où il n'y en a pas.

Les psychologues L.J. Chapman et J.P. Chapman ont montré comment la méconnaissance des lois statistiques peut engendrer ce qu'ils appellent une « corrélation illusoire » : la croyance en une corrélation positive entre deux éléments, bien qu'elle soit inexistante ou très faible et tendant vers 0, ou encore inverse.

Les amateurs de jeux de hasard sont en général victimes de corrélations illusoires. Ils font confiance, par exemple, à des tables qui donnent les chiffres censés avoir les meilleures chances de sortir au prochain tirage du Loto. Ces prévisions se fondent « scientifiquement » sur la loi des grands nombres : puisque, sur des milliers de tirages, les chiffres doivent tous sortir dans des proportions sensiblement égales (vrai), la logique veut que les chiffres sortis le plus souvent aient moins de chance de réapparaître aux tirages suivants, et vice-versa (faux en l'occurrence).

Le raisonnement serait juste si l'on disposait au départ du même nombre de boules pour chaque nombre et si les boules sorties à un tirage ne participaient plus aux tirages suivants; dans pareil cas, chaque boule tirée diminue effectivement les chances de voir réapparaître ensuite le chiffre correspondant. Mais étant donné qu'à chaque nouveau tirage du Loto toutes les boules sont remises en jeu, chacune n'a ni plus ni moins de probabilité d'être choisie par le sort. Les tirages précédents n'ont aucune influence sur celui du jour. Un statisticien disait que « la roulette n'a ni conscience ni mémoire ». Mais le joueur continue de croire aux martingales.

Peu de gens possèdent un sens logique des corrélations. Un expérimentateur a présenté à un groupe d'infirmières un paquet de cent fiches portant en haut le signe +S ou -S (présence ou absence de symptôme), et en bas la mention +M ou -M (présence ou absence de maladie). Parmi ces cent cartons, 37 portaient +S +M; 33, -S +M; 17, +S -M; 13, -S -M. Les infirmières devaient déterminer s'il y avait un lien entre symptômes et maladie. La grande majorité, 85 %, a conclu faussement à une telle corrélation, en invoquant le nombre « important » ou « le plus important » (37) de cartes marquées +S +M. C'était ignorer que 50 % affichaient des corrélations négatives.

On a mené beaucoup d'études sur le mécanisme psychologique de la corrélation illusoire dans la croyance aux phénomènes paranormaux, dont une classique : une expérience de télépathie à partir des symboles inscrits sur des cartes. Après chaque essai, les participants doivent juger s'il est réussi ou non; les résultats obtenus sont bien entendu le fait du hasard, pourtant, émetteurs et récepteurs s'attribuent des succès plus nombreux quand ils peuvent choisir eux-mêmes le paquet de cartes et quand on permet à l'émetteur de les battre lui-même et de les distribuer à son partenaire. Les émetteurs et récepteurs qui ont pu se rencontrer pour une « séance de réchauffement » croient a posteriori davantage à la réussite de l'expérience que ceux qui l'abordent à froid. Plusieurs études prouvent que plus un individu croit à la parapsychologie, plus il dit avoir obtenu de résultats probants dans des expériences de ce type. Il a l'illusion d'une corrélation effective là où le hasard intervient seul.

Peut-on espérer guérir jamais le paralogisme dans les mentalités? Dans certaines expérimentations, on a tenté, par différents moyens de suggestion, de réduire l'illusion de corrélation chez les sujets. En vain. 


lundi 2 janvier 2012

Proprioception

La proprioception (du latin proprius signifiant « propre » et du mot « perception ») désigne l'ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la sensibilité profonde, qui est la perception de soi-même, consciente ou non, c’est-à-dire de la position des différents membres et de leur tonus, en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre.
Sommaire


Conscience et inconscience

Muscles, tendons, os, articulations, (organes réactionnels de la vie de relation), possèdent une innervation sensitive propre. Les récepteurs, (notamment fuseaux neuromusculaires et organes neuro-tendineux) sont appelés « éléments proprioceptifs » car ils réagissent non pas à une excitation venant de l'extérieur (comme les éléments extérocepteurs des cinq sens) mais à une excitation provenant de l'organe lui-même. C’est donc une sensibilité très profonde du corps à lui-même.

Les influx nerveux qui y naissent apportent aux centres du névraxe, des renseignements perçus ou non par la conscience, sur le degré de tonus ou de contraction des muscles ou sur les positions relatives des différents segments du corps (sens des attitudes).

Le problème de la conduction des influx sensitifs a été particulièrement difficile à élucider, pour plusieurs raisons : si les influx d'origine profonde ou superficielle (proprioceptifs ou extéroceptifs) sont conduit en bloc à la moelle par les nerfs rachidiens il n'en est plus de même dans la moelle: les différents influx y sont véhiculés par des faisceaux différents selon la qualité de sensation. La transmission des influx proprioceptifs est à l'origine de sensations conscientes et d'une régulation motrice inconsciente.

Sensibilité proprioceptive consciente

Les faisceaux de Goll et de Burdach sont formés par les fibres longues de cellules en T qui montent sans relais sur toute la hauteur de la moelle jusqu'aux noyaux de Goll et Burdach. Ils transportent les messages qui viennent des gaines, des tendons et des enveloppes musculaires ainsi que des capsules articulaires, messages qui sont à l'origine de la sensibilité proprioceptive consciente. La sensibilité tactile discriminative emprunte aussi ces voies.

Les fibres de ces faisceaux ne se croisent pas dans la moelle mais dans le bulbe : si les extrémités nerveuses à gauche sont coupées, il y aura perte de sensibilité à gauche. Les voies de la proprioception consciente projettent sur le cortex somesthésique primaire.

Sensibilité proprioceptive inconsciente

Les faisceaux cérebelleux direct et croisé transportent les influx issus des fuseaux neuromusculaires et des organes neurotendineux de Golgi qui ne donnent pas lieu à des sensations conscientes. Les deux faisceaux se projettent au niveau du cervelet et permettent à cet organe d'exercer dans les réactions motrices un rôle de régulation du tonus musculaire, de coordination des mouvements automatiques et d'équilibration.

Selon une ligne de partage, il est distingué conscient/inconscient, mais il faut dans ce cas-même apporter des précisions : en réalité, une régulation motrice automatique, ou de réflexe plutôt que d'inconscience peut être perçue. Car, en effet, tous les automatismes n'échappent pas à la conscience.

Précisément dans le cas de la proprioception, il est tout-à-fait possible de ressentir non pas le degré absolu de contraction musculaire mais les variations de cette contraction ou tonus. Elle serait donc à la fois réflexe et consciente (à condition de vouloir en avoir conscience).

Des dérivations nerveuses montant au cortex supérieur ont été découvertes sur les faisceaux cérébelleux...

Proprioception et kinesthésie

"Kinesthésie" (du grec) : kinesis signifiant "mouvement" et aisthesis : sensibilité) est un autre terme utilisé parfois à la place de proprioception. La kinesthésie est une perception consciente de la position et des mouvements des différentes parties du corps.

Certaines différencient les sens kinesthésiques de la proprioception donnant à celle-ci un sens plus général et à la kinesthésie un sens plus spécifique, en excluant par exemple le sens de l'équilibre de la kinesthésie. Une infection de l'oreille interne, par exemple, peut dégrader le sens de l'équilibre. Ceci dégradera le sens proprioceptif, mais pas le sens kinesthésique. La personne atteinte sera capable de marcher en utilisant son sens de la vue pour maintenir son équilibre, mais en sera incapable les yeux fermés (plus de perception de son corps dans l'espace).

Les bagarres sémantiques sur l'utilisation de ces deux termes ne présentent guère d'intérêt, dans la mesure où ce ne sont pas des notions abstraites ou poétiques prêtant à interprétation : au contraire les deux termes s'appliquent à des organes ayant des fonctions très précises. Il serait bien plus intéressant de comprendre le rôle du mouvement et de la sensibilité profonde appelé "proprioception" ou "kinesthésie", dans la formation de la personnalité d'un sujet.

Les aspects cliniques de la proprioception sont mesurés lors de tests qui déterminent la capacité d'un sujet à détecter un mouvement passif extérieur imposé, ou la capacité à se repositionner dans une position prédéterminée. Généralement, il est supposé que la capacité de l'un de ces aspects est lié à l'autre, mais l'expérimentation suggère qu'il n'existe aucune relation forte entre ces deux aspects. Elle suggère que, bien que liés sur un plan cognitif, ces deux aspects sont séparés sur un plan physiologique.

Une grande partie de ce qui précède dépend de la notion que la proprioception est, en substance, un mécanisme de rétroaction : le corps se déplace (ou est déplacé), puis les informations à ce sujet sont envoyées au cerveau, à la suite de quoi des ajustements peuvent être apportés. Plus récemment, des travaux[réf. nécessaire] sur les mécanismes de l'entorse de la cheville suggèrent que le rôle des réflexes pourrait être, dans les faits, plus limité à cause de leur long temps de latence (au niveau de la moelle épinière), alors que l'entorse de la cheville survient en 100 millisecondes (ms) ou moins. En application, un modèle incluant une « préaction » (par opposition à la rétroaction) de la proprioception a été proposé. Ce modèle suggère que le sujet aurait également une information centralisée sur la position de son corps avant même d'atteindre cette dernière.

La kinesthésie est un élément clé de la mémoire musculaire (processus de mémorisation du système neuro-moteur) et de la coordination main-œil, et l'entraînement peut améliorer ce sens (par exemple, le dessin de contours en aveugle).

La capacité à balancer avec précision un club de golf ou à rattraper une balle demande un sens de la position des articulations finement ajustable. Ce sens doit devenir automatique (réflexe conditionné) par l'entraînement afin de permettre à la personne de se concentrer sur d'autres aspects de la performance, comme la motivation ou de savoir où se trouvent les autres personnes.